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One More Step in Intense Heat |Doriano|

Posté le Lun 8 Mai - 16:52
Isidora C. Terren
Isidora C. Terren

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One More Step in Intense Heat |Doriano| 452
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One more step in intense heat
Ces dernières semaines ont certainement été meublées de péripéties.
Je n’en attendais pas moins de mon retour mouvementé à Cinza. Ma famille dans le scandale aurait suffi à remplir mon horaire. Depuis mon retour, je m’échine à redorer le blason Terren d’une manière que beaucoup décrirait de singulière. On questionne mes méthodes, même à l’intérieur du clan familial, néanmoins mes actions ont déjà porté leurs fruits. J’ai mis de l’avant une approche basée sur la transparence autant que se peut, pour le reste nous avons fait disparaître les preuves les plus incriminantes à notre endroit. Transparence, mais aussi droiture. Cette ville appartient aux nôtres depuis des générations et nous ne laisserons pas quelques rumeurs basées sur les écrits d’un lunatique ternir notre image. Nous sommes sortis publiquement pour mettre en doute le personnage qui a osé nous défier, tout en menant notre enquête dans l’underground pour le dénicher. Je suis restée loin de cette chasse à l’homme, laissant entre les mains de mon père cette tâche où il excelle. Un jour un chien, toujours un chien. Eduardo a raffermi sa position en se montrant particulièrement agressif dans sa chasse aux MUNJA et selon ses dires, il pourrait faire une trouvaille très intéressante sous peu et faire tomber plusieurs têtes de ce mouvement que je juge terroriste.

Nous avons ouvert les portes du Casino aux enquêteurs et accepté de céder nos papiers. L’enquête a mis en lumière de nombreuses activités illégales que nous avons mis sur le dos de la corruption de la ville. Nous avons réclamé de l’aide du gouvernement pour améliorer la vie de Pavlica et de ses habitants souvent négligés : forts de cette volonté qui fait bonne presse, nous avons investit des montants considérables dans le vieil hôpital de la cité (qui ne vaut certainement pas celui de Borao) et dans les écoles du coin. Beaucoup n'y ont vu que du feu, d’autres plus malins voient bien à travers notre jeu. Puis, par un jeu habile de tweets, j’ai récrié à la fois les MUNJA et leurs actions déplorables mettant en danger les Cinzans comme l’étroitesse d’esprit du gouvernement. Voilà qui m’a fait gagner un troupeau de followers impressionnant et qui m’a fait augmenter en popularité. Ça va mieux, un peu, un pas à la fois. Mon père ronchonne à cette idée, mais Adelina avait raison de faire appel à moi. Désormais Eduardo ne peut plus rien dire sur mon mode de vie. Je ne lui appartiens plus. D’ailleurs, nous n’échangeons que pour la business, ce qui me satisfait amplement.

Entre les déboires de ma famille, j’ai dû aussi jongler avec le déménagement de mon entreprise depuis Kalos et l’installation de mes affaires dans la région. Pas une mince affaire qui est entamée, mais certainement pas terminée. Heureusement, le marketing est ma force et déjà ma marque prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux. Nous devrions être en mesure de livrer marchandise d’ici quelques semaines et de vraiment nous lancer ici. Entre-temps je grapille quelques contrats d’influenceuse lorsque je le peux en plus de remplir Youtube et Instagram de capsules beauté ou mode selon l’humeur. Pour ajouter au tout, les travaux dans la maison vont de bon train, si bien que Zara et moi avons pu nous y installer il y a deux jours. Notre vie n’y est pas des plus confortables : nous nous entassons à deux au rez-de-chaussée, n’avons plus accès à une cuisine (puisque la mienne a été complètement démolie) et vivons dans nos cartons et dans la poussière du chantier. Néanmoins je suis chez moi, ce qui ne pourrait me ravir davantage. Puis déjà, la maison connaît une incroyable transformation !

Les fenêtres ont été remplacées par des nouvelles modernes, chic, aux bordures noires qui feront un délicieux contraste avec le nouveau revêtement d’un blanc parfait qui sera installé sous peu. Le deuxième est encore en démolition, cependant ils ont débuté ce matin à travailler dans la salle de bain ce qui nous permettra d’avoir accès enfin à une douche. Pour le moment, seule la douche extérieure fonctionne ce qui est bien loin d’être idéal. Je commande tous mes repas et soupçonne avoir pris un ou deux kilos. Heureusement pour moi, la piscine et la terrasse maintenant terminées depuis la veille, je peux reprendre mon entraînement préféré : la natation. En plus de profiter du soleil pavlican et de la vue imprenable sur la clairière en contre-bas où mes Pokémon carnivores vont chasser. Jaspe adore aller y brouter, ce qui me sauve bien des maux de tête pour le nourrir. Vous imaginez ce que ça mange un mastodonte pareil ?! Tanzanite et Cornaline ramènent souvent des Piafabec ou Ratentif qui pullulent dans le coin, tandis que Benito apprécie la sève des arbres du coin. Tout le monde semble avoir repris un élan de vie depuis notre installation ici, ce qui ne pourrait me combler davantage.

Aujourd’hui on me retrouve donc à mon endroit favori de la maison : la piscine. Je viens de terminer une série de longueurs de trente minutes. Complètement essoufflée et trempée de sueur, je m’arrête pour déguster un cocktail que mon amie Rachel me tend, me hissant lourdement sur un matelas gonflé qui flotte dans l’eau de la piscine. Depuis le spa qui borde la piscine, Zara lève son propre verre pour saluer mes efforts. Avec un sourire, je m’empresse à faire de même.

« On dirait qu’elle n’est pas si mal ma maison au final, hein Zara ? »

« Il n’y a plus de murs dans ta maison, Dodo. »

« Peut-être, mais il n’y a plus de moquette rose non plus. Il faut voir le bon côté des choses. »


Nous rigolons tandis que j’ajuste mes lunettes fumées sur mon visage. Il faisait un moment que je ne m’étais pas octroyée un instant de paix ainsi et cette relaxation est la bienvenue. Rachel s’empresse de rejoindre ma cousine dans le spa où les deux ont une conversation que je ne peux entendre depuis mon matelas. Les deux jeunes femmes s’entendent somme toute assez bien, même si elles apprennent toujours à se connaître. Mon amie et partenaire d’infortunes est bien différente de Zara, néanmoins toutes deux n’ont pas la langue dans leur poche.

« T’sais je suis encore tombée sur un article concernant Isidora et Luciano ce matin. On dirait que la presse n’est pas prête à lâcher l’affaire. »

« Tu t’intéresse pas mal à la vie de Luciano Viridis, Rachel, on dirait. »

« Ha, je dois avouer que son look de prince elfique m’a toujours fait beaucoup d’effet. Lui et Milano… »


Devant la moue dégoûtée de sa consoeur, Rachel laisse un sourire tordre ses lèvres.

« Quoi ? Ça me tortille les ovaires les cheveux longs chez un homme, j’y peux rien… »

« Il disait quoi ton article ? »
demande presque sèchement Zara, pressée d’échapper à ce discours.

« Bah que Luciano aurait été vu en train de voyager vers Pavlica et ça spéculait que l’affaire Doriano n’était pas terminée. Ils ont pas si tort, après. »

« Doriano ? Ils ont un nom de ship ? Francamente (franchement) ! Écoute, ça ne va pas arriver, Dora a fait une promesse et elle compte s’y tenir. »

« Promesse, quelle promesse ? Elle m’a rien dit de tout ça… »


« Il a fallu que je la soûle pour avoir de l’information, qu’est-ce que tu crois ? Elle m’a dit un soir qu’elle avait deux-trois verres de trop dans le pif qu’il lui a fait promettre de le laisser tranquille et de ne pas entrer en contact avec lui. Parce qu’apparemment, ça torture monsieur. Alors que c’est ce con qui a mis fin à leur relation. Je crois que Dora est vachement mieux sans lui, sérieusement. »

« Wha-wha-whaaaat ? Zara tu as un talent pour soutirer les informations, même bourrée elle n’aurait jamais osé me dire ça ! Ohlàlà, la qualité des potins, ma chère. Tout ce que je peux te dire, c’est que j’ai jamais vu Dora aussi attachée à un homme. Même avec Jasper, c’était pas pareil. Je peux te dire aussi qu’Isidora a été profondément idiote dans cette histoire aussi. Elle a toujours placé le mec sur un piédestal, elle a toujours pensé qu’il était trop bien pour elle. »

« Deux idiots. »

« On trinque là-dessus. »


Je n’entends que le tintement des verres, qui me sort d’une demi-torpeur qui m’a saisie. Quelque chose, dans le sentier, a attiré mon œil. Est-ce Cornaline qui revient de sa chasse ? Peut-être un travailleur, plusieurs d’entre eux d’ailleurs prennent un moment de pause dans un coin de la terrasse, jetant des regards peu subtils en direction des trois jolies femmes en bikini dans leur mire. Croisant les jambes et redressant le buste, je m’offre en spectacle, un sourire aux lèvres. Bah quoi, une femme peut bien se laisser admirer une fois de temps en temps.
Posté le Lun 8 Mai - 18:12
Luciano Viridis
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ONE MORE STEP
Ici la citation.

Chronologie | Précédemment:



Pavlica, mi-avril 2023.  

Cinq mois. Cinq mois s’étaient écoulés depuis sa dernière entrevue avec Isidora Terren ce soir-là à Borao, entre les quatre murs de cette chambre d’hôpital qui avait vu bon nombre de leurs tourments trouver le chemin de leur conscience ; cinq mois durant lesquels Luciano avait eu le temps de réfléchir, de repenser … de regretter. Cela avait mis du temps, évidemment, mais la perspective de l’absence définitive d’Isidora était venu apposer à sa conscience un poids que l’intendant n’avait pas su prévoir ni soupçonner ; un poids qu’il avait d’abord tâché d’ignorer mais qui s’était imposé à lui, pour finalement se muer en évidence.

Luciano Viridis avait eu tort.

Luciano avait eu tort et une part de lui le regrettait chaque jour qui passait. Dans son désespoir à l’idée de trouver une solution aux innombrables problèmes qui se dressaient entre eux, l’intendant avait eu le naïf optimisme de croire que couper les ponts avec Isidora Terren lui permettrait – leur permettrait – de passer à autre chose et d’offrir à leurs chemins de nouvelles voies, de nouvelles opportunités. Malgré le doute, malgré l’incertitude Luciano s’était accroché à cette idée, s’imaginant qu’avec le temps la jeune femme finirait pas ne plus lui manquer, par quitter le premier plan de ses pensées. Obstiné, l’intendant avait persévéré encore et encore, s’était laissé du temps, avait laissé filer de longues semaines jusqu’à ce que le départ supposément définitif d’Isidora pour Kalos ne vienne mettre à mal une part de sa détermination. Si Luciano avait d’abord tâché de considérer ce départ comme une sublime opportunité pour elle – ne s’offrait-elle pas un nouveau départ, loin des dangers politiques de Cinza ? – le temps et son égoïsme, cependant, avaient fini par avoir raison de ses bonnes intentions, de cette volonté qu’il avait de vouloir ce qu’il y avait de mieux pour elle … car indéniablement, Isidora Terren lui manquait. Contrairement à ce qu’il s’était imaginé – contrairement à ce qu’il avait espéré – le vide qui s’était creusé en lui se s’était jamais estompé et Luciano avait mis longtemps à accepter l’éventualité que le temps lui-même n’était pas en mesure d’affaiblir cette sensation de manque qu’il avait vraisemblablement sous-estimer. A la lumière de cette acceptation, victime des paroles qu’il avait lui-même prononcé, Luciano s’était finalement mis à désespérer à l’idée de savoir Isidora désormais si loin de lui et hors de portée.

Discret, le retour de la jeune femme à Cinza ne lui était pas parvenu tout de suite et lorsque l’intendant en avait finalement eu vent, son cœur avait bondi comme jamais. Luciano, évidemment, n’avait pas manqué de faire le rapprochement entre le retour de la pavlicaine et les récentes accusations portées à l’encontre d’Eduardo qui, depuis, avait vu ses relations avec le gouvernement se dégrader quelques peu malgré les efforts effectués pour tenter de remédier à tout cela. Respectant la requête de l’intendant, Isidora n’avait pas esquissé le moindre contact et conscient de toute la contradiction de ses propres volontés, Luciano s’était gardé de le faire lui-même, se refusant d’entamer de potentielles retrouvailles qui, à n’en pas douter, n’auraient pas manqué d’apporter leur lot de reproches. Pouvait-il vraiment se pointer comme une fleur après ce qu’il lui avait demandé ? Non, pas vraiment, et ignorant finalement comment s’y prendre, Luciano avait préféré laisser les jours passer, trop peu courageux – ou bien trop fier ? – pour faire le premier pas. Au lieu de cela, de loin, dans l’ombre, l’homme s’était contenté de grapiller toutes les informations que les médiats et les réseaux sociaux avaient pu lui offrir concernant Isidora, et le récent tweet de la pavlicaine concernant la course illégale à laquelle elle avait participé ne lui avait pas échappé … et encore moins l’aspect politique de son positionnement. Si Luciano n’avait évidemment pas manqué de s’effrayer de ce dangereux coup de projecteur – était-elle folle ?! N’avait-elle pas peur des représailles de la part du gouvernement ? – l’audace de ce mouvement lui était également apparu car ce faisant, Dora avait gagné les faveurs de l’opinion public, forçant le gouvernement à la considérer plutôt qu’à la faire taire, et une part de lui s’était trouvé fière d’elle pour ce coup non dénué de cran et qui, sans aucun doute, avait dû faire enrager Caldwell et ses sbires.

Tout avait changé cependant lorsque, quelques jours plus tard, l’intendant avait reçu un courrier en provenance de Pavlica. Luciano avait d’abord été surpris lorsque Kerack lui avait apporté ce recommandé dont l’origine avait été trahi par les tampons postaux, et l’homme l’avait été plus encore lorsqu’il avait découvert de quoi il s’agissait. A mesure que ses yeux avaient parcouru le document, le puîné avait senti son cœur prendre un rythme nouveau, conscient de la valeur de ce qui se trouvait désormais là, entre ses doigts. Issu des archives sans doute personnelles d’Eduardo Terren, l’enveloppe contenait un rapport de police complet tout droit sorti d’un passé ô combien dérangeant et révélait, entre bien d’autres choses, l’identité de l’homme à qui ils devaient finalement l’issue de ce qui était aujourd’hui nommé le Bain de Sang de Sercena. Loin d’ignorer les détails de cette histoire, Luciano n’était pas non plus sans connaître la très confidentielle vérité concernant ce soi-disant accident. Depuis le Dia de los Muerto et les révélations éclairées d’Adonis, l’intendant de Borao s’était vu octroyer une arme de choix, le savoir, celui d’avoir connaissance de toute la préméditation de cette mort que le gouvernement s’était empressé de qualifier d’accidentelle. En réalité orchestrée par nulle autre que le gouvernement et plus spécifiquement Lilith Cobalt – la seconde tête de la Team Plasma ou peu s’en fallait – celui que le dossier nommait Salvador Tavares avait reçu ce jour-là l’ordre d’abattre un pokémon, avec le but spécifique de faire envenimer les choses. Comment Adonis l’avait-il su ? Le professeur tenait cette information de Savannah Larkins, une chroniqueuse-présentatrice-fouineuse de l’Underground avec qui il avait visiblement eu une aventure. Comment elle-même en était venu à découvrir cela échappait à Luciano, et la seule raison qui avait jusqu’à présent poussé l’intendant au silence était l’absence totale de preuves … jusqu’à aujourd’hui. Si le rapport ne lui offrait rien de concret en soit, le nom à lui seul suffisait à l’homme méticuleux qu’il était ; inespérée, cette information était un fil sur lequel Luciano comptait tirer pour obtenir ce dont il avait besoin.

Une autre information, cependant, était venu titiller l’intention de l’intendant, celle qui concernait l’origine de cette lettre qui, finalement, ne faisait aucun doute. A qui devait-il ce dossier, si ce n’était Isidora ? En tant que Chef de la Guarda, Eduardo Terren était le seul à disposer de tels documents et Luciano n’imaginait pas un seul instant l’homme lui envoyer preuve aussi concrète. Eduardo Terren, retourner sa veste et conspirer avec un Viridis ? Impossible, aussi le choix de Luciano s’était-il naturellement tourné vers Isidora, qui mieux que son père connaissait son véritable positionnement politique, et cette perspective engendrait bien des questionnements. Pourquoi ? Comment ? Isidora était-elle parvenue à convaincre Eduardo – dont la relations avec le gouvernement n’était pas à son meilleur niveau – de collaborer avec lui ? Luciano peinait à le croire … et puis, quel genre d’évènement était venu motiver la jeune femme d’agir ? Cela avait-il un rapport avec les récentes accusations portées à l’encontre de son père ? Isidora voulait-elle vraiment voir Lilith tomber ? Pourquoi elle en particulier, et qu’en serait-il de Cali, qui n’était pas déjà sans sa part de tourments ? Tant de questions et trop peu de réponses, et il n’en avait pas fallu plus pour le décider à faire le déplacement afin de venir quérir les informations qui indéniablement lui manquaient. Cela faisait-il également office d’excuse pour lui permettre de la revoir ? Peut-être un peu, oui. Peut-être. Evidemment.

Lorsque Luciano avait réclamé la nouvelle adresse d’Isidora Terren à Kerack, l’homme n’avait pas manqué de remarquer la désapprobation du majordome à l’idée de voir le puîné reprendre contact avec la pavlicaine. Lui qui avait dû ramasser une partie des morceaux goûtait peu de voir son patron retourner batifoler – contrairement à Luciano, Kerack ne se faisait pas d’illusions – auprès de cette femme qui l’avait malmené, mais son obéissance et sa loyauté avaient finalement eu le dessus et les coordonnées en sa possession, Luciano s’était empressé de partir pour Pavlica au volant de sa Raikar flambant neuve, dont l’allure ne différait pas tellement de l’ancienne, à quelques détails près.

Durant le trajet, Luciano n’avait pu s’empêcher d’imaginer mille et un scénarios concernant l’entrevue à venir. Fier du but et des objectifs qu’il s’était donné pour justifier ces retrouvailles, quelque chose en lui ne pouvait s’empêcher de les appréhender, lui qui ignorait finalement tout de ce qu’il était advenu d’Isidora Terren durant ces cinq derniers mois, ainsi que des éventuelles pages qu’elle avait tourné. Malgré l’occupation de son esprit le chemin lui parut long, plus long que d’habitude, et midi était passé depuis plusieurs heures lorsque le puîné arriva enfin aux abords d’une maison ô combien singulière, dont la structure géométrique n’était pas sans lui rappeler l’architecture appréciée des plus fortunés à une époque aujourd’hui passée. A l’écart de l’agglomération, nichée dans un coin de la pampa pavlicaine la maison brillait par son originalité, et les nombreux véhicules couplés aux aller-retours des ouvriers que Luciano apercevait déjà trahissaient les travaux qui s’y tenaient. Avisé, le puîné se garda bien de se garer devant chez elle, préférant stationner la Raikar un peu plus loin, là où le regard d’Isidora ne pourrait pas la trouver. Pourquoi ? Pour une raison qu’il ne s’expliquait pas totalement, Luciano avait manqué à prévenir la jeune femme de sa venue. L’homme aimait à considérer qu’il n’avait pas eu le temps de le faire, mais était-ce pour autant vrai ? Sa fierté disait oui, évidemment, mais au fond de lui Luciano savait très bien de quoi il en retournait vraiment et trop peu habitué à ce genre d’appréhension, l’intendant n’avait su comment l’appréhender, ni comment s’en accommoder. Aussi incroyable que cela pouvait paraître – et pour la première fois de sa vie – Luciano Viridis avait craint le rejet et en proie à cette éventualité, un peu lâchement l’homme avait préféré différer l’instant de vérité, retardant l’échéance jusqu’à la toute fin.

Bénéficiant d’un air jusqu’à présent climatisé, l’intendant sentit la chaleur de Pavlica l’écraser un instant lorsqu’il entrouvrit la portière. La saison sèche arrivait à son terme à Cinza, pourtant le soleil cognait encore fort et plus qu’ailleurs – plus qu’à Borao en tout cas – les températures s’élevaient à Pavlica d’une manière indécente, suffisamment pour le mettre mal le temps que son corps s’y habitue. Plus vite qu’il ne l’aurait souhaité la maison fut bientôt à portée et loin de pouvoir s’en empêcher, l’intendant jeta un coup d’œil aux innombrables fenêtres qui formaient la façade principale. Isidora se tenait-elle derrière l’une d’elle ? Si tel était le cas Luciano ne l’aperçut pas et c’était tant mieux, car son cœur n’aurait pas manqué de prendre, déjà, un rythme différent si d’aventure son regard avait de loin croisé le sien. S’approchant finalement de l’entrée, la porte ouverte le fit hésiter un moment. Devait-il frapper ? Appeler ? Son indécision dû se percevoir car assez vite, un homme l’interpella de la plus sommaire des manières … ici, à Pavlica, au cœur de la pampa désertique du nord, l’intendant de Borao était un parfait étranger. Que voulait-il ? Qu’est-ce qu’il cherchait ? Retirant les lunette de soleil qui dissimulaient jusqu’à présent ses yeux, Luciano avisa un instant l’ouvrier avant de lui faire part de son désir de s’entretenir avec Isidora Terren – tels avaient été ses mots – et loin de s’attarder sur la raison d’une telle requête, l’ouvrier l’invita à le suivre.

Sans un mot, Luciano se laissa guider à travers un sentier qui longeait la maison et où s’agglutinaient ça et là des succulentes endémiques de la région. Bien différente de celle de Borao, la végétation ici, dans cette région du pays, se faisait moins luxuriante mais ô combien plus tenace … à l’image, en somme, de ses habitants. Bien vite le chemin déboucha sur une large terrasse aux détails si nombreux que l’intendant peina à les assimiler. Encore en contre-bas, le puîné aperçut en premier lieu un groupe d’homme dont l’attention était happée par quelque chose vraisemblablement plus intéressant que lui et curieux, l’intendant laissa son regard se hasarder dans la même direction. Tombant sur trois silhouettes aux abords d’une piscine fraichement rénovée, Luciano sentit son cœur s’emballer en reconnaissant Isidora. Couchée sur un matelas flottant au-dessus de l’eau, la jeune femme s’offrait singulièrement aux regards de ses ouvriers et l’espace d’un instant, Luciano se laissa aller à parcourir des yeux ses courbes, profitant à son tour de ce spectacle qui ne le rendait pas tout à fait indifférent. Echouant à s’en empêcher, le puîné laissa finalement paraître sur son visage un sourire amusé … rah, l’intendant la reconnaissait bien là ! Rompant brusquement le charme à sa grande déception, l’ouvrier qui l’avait conduit jusqu’ici interpella la maîtresse des lieux, attirant son attention dans leur direction.

« — Senhora » l’appela-t-il dans cette langue que Luciano avait finis par connaître « Un homme pour vous »

Dans l’espoir de ne pas se faire prendre sur le fait, le puîné détourna le regard subitement. Qu’avait-il dit un jour à Elsa-Mina déjà ? Agréable à l’œil … oui, Isidora Terren était agréable à l’œil et c’était peu de le dire, en particulier aujourd’hui, en cet instant précis où sa peau à peine sèche brillaient encore sous le feu du soleil. Pour la première fois depuis qu’il était apparu, l’attention du puîné se porta sur les deux comparses d’Isidora. L’une d’elle lui ressemblait un peu trop pour que cela soit anodin, quand à l’autre … Luciano ne se souvenait pas de l’avoir déjà vu. Vêtu d’une chemise blanche dont il avait retroussé les manches, le puîné s’accorda un moment pour accuser l’instant. Maintenant qu’il y était, le but de sa venue ne lui apparaissait plus aussi clair, plus aussi important, la faute à la distraction que lui procurait la vue de la pavlicaine trop peu habillée. Tachant de mettre de côté son trouble, Luciano prit les devant.

« — Isidora, je … » Depuis quand peinait-il à trouver ses mots ? « Il faut qu’on parle »

Luciano ne tournait jamais autour du pot et aujourd’hui ne faisait pas exception à la règle.

2390 mots | Ft. Isidora Terren
Posté le Mer 10 Mai - 19:14
Isidora C. Terren
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One more step in intense heat
Je porte peu attention aux travailleurs depuis mon installation dans la maison deux jours plus tôt, néanmoins j’ai surpris de nombreux regards gourmands à mon endroit ainsi qu’à l’égard de Zara. Ma cousine y goûte beaucoup moins; moi j’apprécie toujours autant l’attention que me procure mes dons naturels. Il faut dire que ce bikini d’une teinte violette criarde a tout pour attirer l’œil. Je soupire de soulagement en me prélassant contre mon matelas, appréciant cet instant de pur lâcher-prise. Hormis mes instants volés en compagnie de mes Pokémon, je n’ai que peu l’occasion de profiter du baiser tendre de la brise ou de la chaleur bienvenue du soleil pavlicans. Je profite allégrement de cette accalmie entre deux gros contrats, tâchant de dissuader mon esprit de s’égarer en direction du travail qui m’attend plus tard ce soir : je devrai dénicher un nouveau lieu de tournage pour mes vidéos d’essais de tenues ce qui ne sera guère facile dans une maison en pleine rénovation et remplie de travailleurs. J’y penserai plus tard, lorsqu’il me faudra me remettre dans mes pantoufles d’Isidora Terren, celle qui n’a jamais vraiment su comment s’arrêter. Heureusement pour moi, ma nature un peu paresseuse et mon déficit de sommeil des derniers temps me porte presque à la somnolence jusqu’à qu’une voix ne vienne déranger la quiétude dans laquelle je baignais jusque-là.

On m’annonce l’arrivée d’un homme, un visiteur. Aussitôt je redresse le menton en direction du travailleur qui s’est permis cette intrusion dans mon instant de tranquillité. Loin d’être courroucée, je l’observe davantage avec curiosité : qui pourrait désirer me rendre visite ? Mon adresse ne doit pas être bien connue encore puisque je ne suis ici que depuis deux jours, du moins installée. Il ne peut s’agir de mon père ou de mon frère, puisqu’immanquablement on les aurait reconnu et annoncé comme tel. Malgré mes lunettes fumées, je ne mets qu’une poignée de secondes à identifier l’homme qui suit le travailleur. Il n’y en a qu’un seul tel que lui après tout, l’homme que j’attendais bien malgré moi et dont l’arrivée me fait l’effet d’un coup de poignard en plein cœur.

Car ce n’est pas possible.
Il m’a fait promettre de rester à l’écart.
Et je suis restée droite pour lui ! Je suis même partie pour être certaine de ne pas contrevenir à ses désirs ! Et maintenant quoi ? Tout ce sacrifice pour rien ? Est-ce ainsi qu’il se complaît à se venger, en se jouant de mes émotions ?

Luciano Viridis.

Pourquoi est-il là ? Je peine à respirer à sa vue. Sans l’ombre d’un doute, mon regard suffirait à renverser le mystère entourant mon avis sur sa venue; or les verres fumés dissimulant la moitié de mon visage en font tout autant sur mes réels sentiments. Putain de merde. Je me pensais remise, ne serait-ce qu’un peu, mais de le revoir ainsi à froid me fait le même effet que ses mots dans cette chambre d’hôpital. Rejetée. Abandonnée. Insuffisante. Une agente de discorde dans sa vie. Je me revois pleurer, pleurer, pleurer pendant des jours après celui où tout entre nous s’est terminé jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien qu’une coquille vide. Si je lui en veux ? Peut-être un peu. Mais surtout, je sais que sur bien des points il avait raison alors à quoi bon ? De quel culot désormais revient-il hanter ma vie ? Le service de notre séparation ne s’applique donc-t-il pas à moi aussi ?

Je n’ai pas bougé. Ni esquissé un mot. Je flotte sur un putain de matelas gonflable au milieu de ma piscine putain. Pas sur mes deux pieds, fière, pour lui prouver que je vais survivre sans lui. Que je l’ai fait. Que je me rebâtis parce qu’il le faut. Non. Il doit être là à me regarder de haut, dans sa stupide chemise blanche qui s’humidifie sous l’effet de la chaleur et du soleil. Avec cette brise, cette foutue brise qui me casse les couilles, qui agite ses cheveux de blé sous un soleil qui leur offre toutes sortes dorées. Il veut parler, mais qu’avons-nous encore à nous dire qu’il n’a pas déjà dit ? Qu’a-t-il encore à prononcer qui ne me fera pas du mal ? À moins qu’il soit ici car il a découvert que le dossier d’Eduardo que je lui ai envoyé provenait de moi. Mais ce ne peut pas être ça, n’est-ce pas ? Ce ne peut l’être… À moins que…

« LUCIANO FUCKING VIRIDIS ! » fait une voix suraiguë.

Rachel s’est précipitée hors du spa pour courir en direction de l’intéressé.

« Oh mon dieu. Il est là, Zara, il est vraiment là ! Juste quand on parlait de lui ! En chair et en os et oh… Pavlica te va bien, mon prince elfique… »

« Rachel, veux-tu bien te calmer les ovaires ? » ordonne Zara, reprenant l’expression de la tatoueuse quelques instants plus tôt, en émergeant à son tour du spa pour se diriger vers l’étrange paire. « Isidora est occupée. Que lui voulez-vous ? »

Zara dévisage Luciano. Ma cousine en connaît plus que bien d’autres au sujet de ce qui s’est réellement déroulé entre nous. Autant dire qu’elle ne porte pas l’homme dans son cœur. Je reconnais là toute sa volonté à me protéger, à protéger les gens qu’elle aime. Elle ajuste sa jupette par-dessus son bikini avant de poser sa main sur sa hanche dans une posture qui trahit son opinion au sujet de cette visite : elle n’est pas la bienvenue. Avant de laisser sa chance à l’intendant de Borao de se justifier, elle ajoute en plissant les yeux :

« Il vaudrait mieux que ce soit une bonne raison. »

« C’est bon, Zara, je suis une grande fille, je sais mener mes combats. »


Je suis enfin à l’extrémité de la piscine. J’émerge de l’eau et grimpe hors de la piscine. Mon cœur bat si fort que je suis convaincue que tous peuvent l’entendre. Peuvent-ils me voir trembler aussi ?

« Laissez-le tranquille. Tout visiteur est bienvenue dans une maison de Pavlica. Pardonne ma cousine, Luciano. Voudrais-tu quelque chose à boire ? »

Comment je suis parvenue à articuler tous ces mots, je l’ignore. Je peine à déglutir. Encore plus à le regarder dans les yeux. Je me dirige à l’écart vers un paravent où j’entreprends de me changer en vitesse, enfilant la robe d’été que je portais avant la baignade. Blanche, estivale et légère, elle laisse entrevoir bien des choses au-travers son tissu léger. J’émerge du paravent en ayant conservé les lunettes. Franchement sans elles je serais incapable de dissimuler ce que je ressens.

Une tornade d’émotions.

Car malgré moi, je suis beaucoup, beaucoup trop heureuse de le retrouver.
Putain qu’il me manque.
C’est pathétique.

« Je vais écouter ce que tu as à dire. M’accompagneras-tu sur le sentier ? Nous y serons à l’abri d’oreilles indiscrètes. »

« Dora, eu não acho que é uma boa ideia (je ne crois pas que ce soit une bonne idée. »

« Vai tudo ficar bem (ça ira), Zara. »


J’espère.
[/quote]
Posté le Sam 13 Mai - 9:42
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Ici la citation.

Ils devaient parler, oui, et Luciano lui-même n’avait pas tout à fait conscience d’à quel point ils le devaient. Si la priorité de l’homme se portait aujourd’hui sur les différentes actions plus ou moins politiques récemment perpétrées par Isidora, quelque chose en lui savait bien qu’autre chose les attendait. Son cœur trop longtemps brimé s’en languissait, pour autant, devait-il y céder ? L’heure était-elle aux confessions, aux excuses, aux révélations ? Luciano n’en était pas certain, pire même, une part de lui avait conscience qu’après tout ce qui s’était passé, l’intendant n’en avait pas le droit. Dans son esprit, l’homme réentendait les paroles qu’il avait lui-même prononcé : Prends un verre, fait le glisser dans le vide, il tombe et se brise en éclats. Maintenant, dis-lui que tu es désolé. Se répare-t-il ? Pourquoi cela devait-il être valable pour elle, mais pas pour lui ?

Assez vite, les circonstances offrirent à l’attention de Luciano d’autres chats à fouetter. Une voix un peu trop aiguë lui fit tourner le regard en direction d’une jeune femme qu’il n’avait encore jamais eu l’occasion de rencontrer. Tout droit sorti du spa, l’intendant n’avait pas souvenir de la connaître, pourtant cette méconnaissance était loin d’être partagée car la fille avait hurlé son nom ou peu s’en fallait. Un peu incrédule, Luciano se contenta de la dévisager, laissant son regard la parcourir de haut en bas, de bas en haut. Son prince elfique, vraiment ? Interdit, l’homme laissa la situation le prendre de court, s’attendant à tout instant à voir cette fille à la peau tatouée franchir le pas d’aller à son contact … mais finalement une autre voix l’interpella, la rappelant à l’ordre avec une fermeté qui le déconcerta quelque peu ; cette intervention, cependant, eu le mérite de lui offrir un nom. Rachel … c’était donc elle ? Son nom ne lui était pas étranger. Amie proche d’Isidora, jusqu’à présent l’intendant ne l’avait jamais rencontré, la faute à cette volonté farouche qu’Isidora et lui avaient eu à ne pas officialiser leur pourtant indéniable rapprochement. Aujourd’hui, le destin s’était décidé à réparer ce tort d’une manière que Luciano n’était sans doute pas prêt d’oublier.

Finalement, le regard du puîné se porta sur la dénommée Zara, qui elle semblait peu goûter à la présence de cet impromptu visiteur. Silencieux malgré la question posée à son encontre, Luciano observa cette femme dont l’animosité ne lui échappait pas, la scrutant de part en part. Sa peau couleur caramel trahissait ses origines et le tatouage égyptien qui marquait le dessous de son œil lui donnait une allure singulière qui rendait impossible toute tentative de passer inaperçu. Qui était-elle, pour se dresser ainsi en défenseuse d’Isidora ? Ce ne pouvait pas être sa sœur – les prénoms et les visages ne correspondaient pas – alors qui ? Sa nouvelle conquête ? L’intendant s’apprêtait à lui répondre lorsque la voix d’Isidora se fit entendre, intervenant pour défendre sa propre cause, et immanquablement le regard de l’intendant se porta de nouveau en direction de la pavlicaine, qui désormais émergeait de la piscine. Bien malgré lui, l’homme ne fut pas en mesure de détacher son regard du corps ruisselant de la jeune femme dont les courbes roulaient à chacun de ses pas, et son attention était si accaparée par ce spectacle que le puîné peina à écouter les paroles de la maîtresse des lieux. Zara était donc sa cousine … s’il voulait quelque chose à boire ?

« — Non, merci. Je n’ai pas l’intention de m’imposer plus que nécessaire » déclara-t-il, et ce faisant, l’homme jeta un regard en direction de Zara, donnant en partie réponse à ses craintes.  

Un moment, Luciano se hasarda à soutenir le regard de cette cousine dont il découvrait l’existence. Que savait-elle de lui – d’eux – pour justifier ainsi cette hostilité à son égard, qu’elle ne dissimulait pas ? Déjà l’intendant devinait une part de la réponse et un temps seule avec les deux femmes, Luciano surveilla du coin de l’œil Rachel-La-Groupie, qui n’avait désormais d’yeux que pour lui. Evidemment Isidora ne mit pas longtemps à reparaître et vêtue d’une robe blanche dont la transparence happa une nouvelle fois son regard, à sa vue l’intendant sentit son cœur manquer un battement. Son visage en partie masqué par une paire de lunette qui dissimulait ses yeux, Luciano peinait encore à déterminer l’humeur et l’avis de la pavlicaine concernant cette rencontre à laquelle elle ne s’était sans doute pas préparée. Acquiesçant d’un signe de tête à sa proposition de s’éloigner, le puîné la laissa le guider sur un chemin plus reculé où les regards ne pouvaient les atteindre et les oreilles entendre, et le temps d’un moment un silence presque pesant les enserra. Luciano peina à trouver par où commencer.

« — Je suis désolé de faire irruption comme ça, mais j’avais besoin de savoir, d’être sûr, de l’entendre » déclara-t-il finalement. Tandis qu’ils avançaient, ses mains avaient trouvé refuge dans les poches de son pantalon « C’est toi pour le rapport, n’est-ce pas ? Ce ne peut pas être Eduardo, et il n’y a que toi pour savoir combien ce document pouvait m’être utile » affirma l’intendant.

Il fit une courte pause. Autour d’eux soufflait une légère brise salvatrice, chargée d’une odeur de sable chaud que Luciano avait trop peu l’occasion de sentir. La paix qui régnait là participait à tranquilliser une part de l’appréhension qui peinait à le quitter à l’idée de la rancœur qu’Isidora pouvait lui porter et afin de s’en soustraire, l’intendant tentait de focaliser ses pensées sur la raison officielle de sa présence ici. Luciano en était certain : l’intendant de Borao devait ce recommandé à Isidora Terren, mais d’autres questions manquaient encore de réponses.

« — Comment ? Pourquoi ? » questionna le puîné.

Comment Isidora s’était-elle procuré ce rapport ? Déjà, l’imagination de l’intendant esquissait un semblant de réponse, mais l’homme voulait en être certain … et puis, pourquoi ? Pourquoi maintenant ?  Quelque chose avait poussé Isidora à passer à l’action et Luciano voulait savoir quoi. Ses propre lunettes pliées et accrochées au centre du col de sa chemise, l’intendant jeta un regard en direction de la jeune femme qui cheminait à ses côtés. Sans savoir comment, Luciano sentait qu’une chose en elle avait changé, avait trouvé une voie, avait cessé d’errer. Devait-elle cela à Kalos ? Peut-être. Désormais sans témoin, Luciano peinait à la quitter des yeux et cette fois, la robe n’y était absolument pour rien. Après tout ces mois passés à supporter son absence et à s’imaginer d’éventuelles réconciliations impossible, l’intendant n’arrivait pas à croire et accepter l’idée qu’elle était là, en chair et en os, à portée de mains, si près, si là.

1110 mots | Ft. Isidora Terren
Posté le Sam 13 Mai - 10:38
Isidora C. Terren
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Zara désapprouve, néanmoins elle n’est pas du genre à se mêler de ce qui ne la regarde pas. Elle me jette un long regard entendu, comme cherchant à percer elle aussi le mystère de mes intentions et ressentis sous le couvert de mes lunettes fumées. Néanmoins, pour l’homme venant d’apparaître plutôt que pour elle, je tâche de conserver une attitude neutre et détachée dans l’espoir de me convaincre moi-même de la chose. Au fond de ma poitrine, mon cœur s’emballe toujours de bien des manières désagréables et je tâche de conserver un décorum minimal. Contrairement à Rachel qui continue son examen minutieux de l’intendant de Borao, passant même derrière pour voir ce qu’il y a dans la valise. Je n’en attendais pas moins de la part de la tatoueuse, après tout Rachel a été élevée parmi les poubelles, rejeton d’une mère toxicomane et d’un père étranger qui n’a jamais été présent dans sa vie. Elle ne connaît pas les codes sociaux ou alors s’en balance… À côté d’elle, le droit et formel Luciano Viridis fait tache, c’est le moindre qu’on puisse dire. Je délaisse mes deux amies pour mener le blond sur le sentier, cherchant mon air, et surtout quoi dire.

Je laisse le silence planer. C’est lui qui tient à parler alors qu’il le fasse. Pour ma part, j’ai laissé mon regard courir contre la lande en contre-bas d’où nous pouvons apercevoir la carcasse endormie de Tanzanite qui s’est prélassé au soleil. Où sont les autres ? Benito nous scrute depuis un arbre, ses petits yeux prudents arrondis sous l’effet de la surprise. D’où il se trouve, il faut un regard averti pour le remarquer. Est-ce que ce sera le cas de Luciano ? Il a l’habitude des arbres et leurs créatures, néanmoins le Scarhino se fond parfaitement à son environnement, si bien qu’il faut presque savoir qu’il s’y trouve pour le remarquer. Mes Pokémon m’offrent une distraction bienvenue. Maintenant que je me trouve seule avec l’homme qui a hanté mes songes nocturnes et diurnes depuis plusieurs mois, sa présence me consume, comme s’il émanait de lui une chaleur torride qui menace de me brûler à tout instant. Depuis son arrivée, j’ai été incapable de le regarder dans les yeux. Néanmoins le ton d’excuse qu’il emprunte me force à me retourner en sa direction pour la première fois depuis que nous sommes sur ce sentier.

Le rapport. Évidemment. Je me doutais bien, ne peux m’empêcher de ressentir une pointe de déception de l’entendre dire. Ainsi, ses raisons de me visiter sont politiques. Je me disais bien que cet aspect nous forcerait tôt ou tard à nous côtoyer de nouveau, néanmoins de le voir débarquer pour si peu me questionne sur ses réelles intentions plus que je n’aimerais m’y adonner : ce n’est pas sa seule motivation non ? Que ressent-il à me voir, que… Non, Dora. Non. Tous les élans que sa voix, ses mots, sa présence suscitent en moi m’amènent à la méfiance, la provocation et le jeu, ces vieilles armes qui ne m’ont jamais réellement quittées.

« Quel document ? » je fais avec un sourire qui trahit ma culpabilité. « Je ne comprends pas de quoi tu parles. J’ai été sage Luci, me reproches-tu de faillir à mes devoirs ? »

Le ton du flirt est plus fort que moi. Je me suis réfugié derrière celui-ci pour protéger mon cœur mis à mal.

« Parce qu’il me semble à moi que là, tout de suite, c’est plutôt toi qui manque à ce « service » que tu m’as quémandé la dernière fois. »

La dernière fois. Nous savons tous les deux à quelle fois je fais référence.

« Tu as convenu que j’étais incapable d’être autrement qu’un obstacle à tes ambitions politiques, il est donc impossible que je sois utile d’aucune manière. Tu l’as dit toi-même. »

Malgré mon ton désinvolte et ma main posée négligemment contre ma hanche, mes paroles trahissent toute l’étendue de ma peine. J’aimerais être plus droite, plus forte, mais…

« Il me semble qu’un coup de fil pour t’en assurer aurait été plus simple. Borao est à plusieurs heures d’ici et ne me fais pas croire que tu visite Pavlica pour son tourisme. Pourquoi es-tu ici, Luciano ? »

Je me suis approchée d’un pas ambitieux. Mon cœur bat à tout rompre. Je veux le pousser, le pousser à quoi ? Je l’ignore, mais une pulsion m’engage à me montrer récalcitrante, à batailler. Je lève les yeux vers lui, mesurant mon erreur : ce pas de trop me confirme toute l’attirance que je ressens toujours pour lui tandis que des éclairs me parcourent la peau et que mes lèvres s’entrouvrent dans un soupir imperceptible. Pour ne rien arranger, la brise soulève mes passions en amenant à moi son odeur qui m’avait tant manquée.

Posté le Lun 15 Mai - 14:45
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En guise de réponse, Isidora prit une voie à laquelle il ne s’attendait pas – pas tout de suite du moins – mais qui, finalement, ne l’étonnait pas. Feignant un peu trop faussement de ne pas comprendre ce dont il parlait, plutôt que de lui répondre la jeune femme s’empressa à la place de diriger la discussion sur un sujet différent et à peine dissimulé, son sous-entendu ne lui échappa pas. Un peu naïvement, Luciano avait espéré voir Isidora coopérer et faire fi de l’incohérence que représentait sa présence, lui qui quelques mois plus tôt lui avait intimé de ne plus esquisser le moindre contact ou peu s’en fallait. Une part de lui ne pouvait s’empêcher de croire que c’était elle qui, la première, avait faillis à cette tâche … ne lui avait-elle pas envoyé ce rapport après tout et ce faisant, avait-elle vraiment espérer que l’intendant ne devinerait pas d’où il provenait, et à qui il le devait ? Ç’aurait été bien mal le connaître et Luciano savait bien qu’Isidora avait suffisamment d’expérience le concernant pour ne pas l’ignorer. Un moment, le puîné tenta de persévérer et de ne pas laisser son jeu le distraire.

« — Je ne te reproche rien du tout, Dora, je te pose simplement une question dans l’espoir de mettre au clair cette éventualité qui s’esquisse dans mon esprit et que j’aimerai mieux comprendre » déclara-t-il « Je ne peux pas croire qu’Eduardo t’ait donné ce dossier de son plein gré en tout état de cause. Soit tu l’as volé, soit tu lui as menti, et je veux savoir pourquoi » affirma l’intendant.

Oui, Luciano voulait savoir pourquoi. Un millier de questions le taraudait, des questions politiques auxquelles il tentait de s’accrocher dans l’espoir de ne pas les perdre de vue. L’expérience lui avait appris qu’avec Isidora Terren, ses convictions et principes les plus ancrés étaient en mesure de s’effacer au profit de cette tentation qu’elle représentait. Par ses charmes, par ses mots, Isidora étaient en mesure d’abattre ses idéaux, ses objectifs, et Luciano avait désormais la sagesse d’en avoir conscience … mais cela l’en soustrayait-il pour autant ? Non, absolument pas, et croire qu’aujourd’hui serait différent était bien utopique.

Luciano sentit ses convictions s’ébranler une première fois lorsque, loin d’abandonner, Isidora lui rappela ses propres mots ou peu s’en fallait … oui, ne lui avait-il pas dit qu’elle ne pouvait être pour lui qu’un obstacle, rien d’autre qu’un obstacle ? S’il ne s’agissait pas exactement de cela, l’animosité liée à son désaccord sur la question n’en marquait pas moins un point. A ce sujet, par la présence même de ce dossier, la pavlicaine ne venait-elle pas de lui prouver qu’il avait eu tort ? Si Luciano continuait de croire qu’elle était en mesure de provoquer l’anéantissement de ses objectifs concernant le combat qu’il menait dans l’ombre au gouvernement, l’homme avait indéniablement sous-estimé l’alliée qu’elle pouvait être et représenter. Lui cédant cette victoire, Luciano se laissa aller aux concessions.

« — Peut-être avais-je tort sur certains points » reconnu-t-il.

Et tandis qu’Isidora se rapprochait dangereusement de lui, Luciano sentit ses convictions s’ébranler une seconde fois. Loin de se laisser faillir, le puîné se hasarda à soutenir son regard, celui qu’il devinait plus qu’il ne voyait, et mettant finalement en évidence l’aberration de sa présence, Isidora se risqua à lui tirer les vers du nez, à trouver le véritable sens de cette visite, celui que Luciano aurait voulu lui cacher encore un peu plus longtemps.

Pourquoi es-tu ici, Luciano ?

Devait-il lui dire ? Une part d’elle ne le savait-elle pas déjà ? Pourquoi es-tu ici, Luciano, alors que tu m’as demandé de ne plus venir ? Oui, de quel droit s’autorisait-il à rompre cette promesse qu’il lui avait si péniblement soutiré ? Soudainement au pied du mur, l’intendant sentit quelque chose en lui reculer et se dérober, et tenter d’ignorer la prise de conscience provoquée par l’absence de la jeune femme. Comme un cheval au galop, Luciano sentit la raison reprendre le dessus, rappelant à sa mémoire toutes ces choses qui les séparaient, toutes ces choses qui l’avait poussé à en venir à ce qu’ils avaient été ces derniers mois ; de manière désespéré, Luciano sentait cette raison tenter d’apporter de l’eau au moulin de ses convictions et pendant de longues secondes, coriace, le puîné parvint à résister, à tenir bon.

Mais à quoi bon ?

Quel intérêt Luciano avait-il à dissimuler plus longtemps ce qui l’avait poussé à venir ici, au cœur de la pampas désertique de Pavlica ? Jusqu’à présent sévères, les traits de Luciano se détendirent finalement, laissant paraître et percevoir son lâcher prise, sa reddition. Aucun, Luciano n’avait aucun intérêt à cacher plus longtemps la plus grande raison de sa présence et à la lumière de ce qu’il s’apprêtait à dire, l’intendant laissa un regard nouveau parcourir le visage en partie masqué qui se présentait à lui ; un regard dans lequel planait désormais une acceptation presque troublante.

« — Je suis ici pour toi, Dora » déclara-t-il finalement après un long instant de silence. Pouvait-il vraiment lui dire ça, après ce qu’il lui avait imposé ? Sans doute pas, mais il était désormais trop tard pour reculer « Il a fallu que tu partes pour que je m’en rende compte : je n’arrive pas à faire sans toi. Ça ne marche pas » assura le puîné.

Malgré l’ampleur de la révélation, malgré ces torts qu’il reconnaissait, Luciano ne cilla pas, n’offrit à son regard aucune retraite. Ses mains toujours enfouies dans ses poches, l’intendant demeurait droit, prêt à accuser les éventuels contrecoup.    

« — J’avais tort. Je suis désolé, Dora »

Pour briller, le courage n’avait pas toujours besoin de feu et de sang.

Dans sa poitrine, Luciano sentit son cœur se figer, s’arrêter. Désormais silencieux et immobile, quelque chose en lui ne pouvait s’empêcher de s’en vouloir d’avoir céder si vite, d’avoir fait ce pas si tôt. Depuis combien de temps était-il là ? Cinq minutes, dix minutes ? Certaines choses ne changeaient finalement pas. Isidora Terren avait encore ce pouvoir là sur lui, celui de le précipiter et de lui faire perdre tout sentiment de contrôle.

1023 mots | Ft. Isidora Terren
Posté le Mar 16 Mai - 13:47
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Il n’est pas là pour jouer. Je le réalise à son ton calme, à sa posture, il ne se laissera pas impressionner par mes piques ce à quoi je m’attendais tout de même. Cette question, elle est légitime dans une certaine mesure, mais elle n’est pas ce qui m’intéresse à l’instant. Ce n’est pas la bonne question, tout simplement. La seule qui importe est pourquoi il se trouve réellement là et pourquoi ça l’intéresse autant. Il a eu ce qu’il voulait, n’est-ce pas suffisant ?

« Il y a des questions auxquelles je peux choisir de ne pas répondre, Luciano. Tu as perdu ton temps en venant ici pour ça. »


Parce que c’est pour ça qu’il est venu… Non ? Obligé de me concéder la victoire, il reconnaît avoir eu tort au moins au sujet de l’alliée que je pourrais représenter pour lui. Il était temps. Mais encore une fois, cet aveu ne m’apaise en rien. Il me résiste, soutient mon regard avec une telle intensité que je faillis presque à baisser les yeux, mais je sais qu’ici je ne peux pas baisser les bras : mon interrogation n’est pas sans fondement et il me sait très bien. Finalement, je peux constater qu’il s’apaise après m’avoir foudroyé de son regard sévère. Il concède et je me satisferais de ma victoire si j’étais préparée à ce qu’il nomme ensuite.

J’avais tort.
J’avais tort ? Mais sur quoi en fait ? Désolé, dit-il, les mains dans les poches, comme s’il s’était excusé d’un retard imprévu, d’un manquement anodin. Ses mots m’atteignent de plein fouet, dans un désordre profond me privant du sens de ses paroles. Même s’il s’était montré clair, parce que le connaissant c’est probablement le cas, suis-je apte à les recevoir ? Le choc me mortifie, m’empêche de réfléchir ou de penser convenablement, jusqu’à ce que de lui-même mon cerveau ne vienne réassembler les morceaux du puzzle, un à la fois, avec une clarté déconcertante. D’abord, il est venu pour des raisons qui outrepassent l’aspect politique. Son détour par Pavlica, tel que je le soupçonnais, s’inscrit dans le relationnel. Dans l’affect. Luciano ne fait jamais rien au hasard et ainsi sa route l’a mené vers moi. Le dossier ? Une vulgaire excuse à précipiter des retrouvailles, celles-là qu’il m’avait pourtant interdit. Pourquoi ? Parce que je lui manque. Parce que notre séparation a engendré tout ce que je me refusais d’espérer depuis tout ce temps, car il n’est pas sain de s’accrocher à ce qui n’est plus même si parfois on y est pour rien. Voilà le constat : le Viridis n’est pas remis, pas remis de nous malgré tout le rationnel qu’il a tenté d’imposer à notre relation. Aujourd’hui, ses agirs ne se dictent pas par des fondements logiques mais par la puissance de ses émotions, que je croyais incapable de le submerger. Pourtant le voilà dans un état semblable au mien il y a quelques mois, qu’à Cali que j’ai vu le mois dernier.

Luciano a failli.
Il est tombé.
J’ai causé ça, moi. Moi.

Il m’aime toujours. Même si mon cœur devrait s’en réjouir, je ne peux empêcher la peine d’envahir ma poitrine, ma nuque et ma gorge de se couvrir de plaques rouges d’une émotion que je tente de contenir. Car ces révélations, aussi inespérées et joyeuses soient-elles, font plus que me déstabiliser. Elles me ramènent à l’ombre de moi-même que j’étais alors. Au fond que j’ai touché pour mieux me redresser ensuite. Je contemple un instant cette jeune femme qui a pleuré tout son soûl contre Elsa-Mina dans cet hôpital cette journée-là. Est-il trop tard pour elle désormais ? Espère-t-il tout effacer le mal qui a été fait de part et d’autre ? Je sais bien que moi, je n’avais pas d’attentes au pardon lorsque je me suis présentée à lui au mois de novembre. J’avais juste besoin de le voir. Comme lui aujourd’hui. Dans un soupir, je retire mes lunettes fumées, geste délibéré qui en dit long sur la suite de notre échange.

« Luci. » que dire maintenant ? « Ce n’est pas ce que je voulais. Je ne veux pas être source de plus de mal pour toi. Tes mots, la dernière fois, m’ont amené à réfléchir. J’ai… Viens, marchons. »

Je me suis remise en marche, comme dans l’espoir que mes activeront les paroles qui restent coincées dans ma gorge.

« L’objectif de partir n’a jamais été pour moi de te faire regretter ta décision. J’avais besoin d’un nouveau départ. Rester sur place me ramenait à toutes les erreurs que j’ai faites ces dernières années. À Kalos, j’ai eu l’esprit enfin clair, et l’occasion de développer ce que je suis en tant qu’individu au-delà des attentes de ma famille. J’ai fait un travail pour mieux cibler mes désirs. Je me suis rebâtie au niveau professionnel. J’ai bâti, plutôt que détruire. Grâce à Zara et à Sydney, j’ai repris les rennes d’une entreprise en fin de vie et l’ait reconstruite à mon image. J’ai atteint un succès inattendu à Kalos, et maintenant j’essaie de m’implémenter ici à Cinza aussi. J’ai pris du recul par rapport à Eduardo, à Caldwell, à mon apport, à mon égo aussi. J’ai suivi des thérapies, putain, le truc que j’aurais jamais cru faire un jour dans ma foutue vie. Je continue à travailler sur moi car je le vaux bien. Cette maison en est bien la preuve. Un autre projet que je caresse depuis longtemps, que je ne me suis jamais autorisée à vivre. »

Je m’interromps pour me retourner vers lui.

« Tout ça, je devais le faire seule. Tu comprends ? C’était la meilleure chose à faire pour moi. Je ne pouvais pas me développer en me mettant constamment dans l’ombre d’Eduardo, de Camila, de la tienne aussi. Ces derniers mois m’ont permis de prendre une assurance que je n’ai jamais eue auparavant, du moins pas depuis plusieurs années. J’ai beaucoup réfléchi à nous, ces derniers temps, à comment je suis quand je suis avec toi. Tu fais ressortir le meilleur et le pire de qui je suis. J’ai trop dépendu de toi pour penser que je valais quelque chose… Je t’ai mis sur un piédestal, je t’ai toujours considéré comme bien meilleur que moi. Et je crois que d’une manière, tu y as cru aussi. Ce dossier, je te l’ai envoyé parce que je te fais confiance pour mener ce combat à Cinza, car je te considère comme allié, après tout ce temps passé à croire que tu étais mon ennemi. Mon intention n’était pas d’attirer ton attention sur moi ou de te torturer. J’espérais que tu ne le découvre pas, même si c’était naïf de ma part. »

Je cesse un instant de parler à nouveau, plus longuement. Il doit bien se demander ce à quoi tout cela rime, quel rapport vraiment avec lui.

« Ce que je veux dire c’est que tu n’avais pas tort sur tout, Luciano. C’est bien pour ça que je suis partie. C’était la meilleure décision pour moi à l’époque, aussi douloureux c’était. Et maintenant je ne suis pas tout à fait la même, bien qu’au fond je reste Dora. Cette Dora-là est prête à te regarder dans les yeux et à te traiter comme un égal, un allié, une personne importante dans sa vie. À se respecter. À cafouiller parfois, faire des erreurs, mais avancer. Discuter aussi, même si parfois je suis trop réactive, même violente quand on me prend de court. Cette Dora-là se respecte assez pour te dire qu’elle est toujours aussi brutalement attachée à toi, que ton retour lui fait du mal et du bien tout à la fois et qu’elle a peur. Luciano, nous ne nous sommes jamais vraiment donnés la peine de nous connaître, de vraiment nous connaître, n’est-ce pas ? »

Ce constat, je l’ai fait peu de temps après mon arrivée à Kalos. Tous les deux derrière nos remparts, nous n’avons jamais eu la transparence qu’a engendré notre conversation de l’hôpital, là où tout s’est dit. Nous avons tout gardé, parce qu’il était difficile de se faire confiance. Oui, Luciano fait ressortir le meilleur de moi, la meilleure version de moi-même. En sa présence je me sens rassurée, en sécurité en quelque sorte, je sens que je peux être moi-même. Mais de bien des manières je ne l’ai jamais laissé voir tout ça parce que j’étais effrayée de le perdre. Et lorsque je l’ai vraiment perdu… Alors j’ai été cruelle. Je soutiens son regard, presque avec tendresse, comme vieillie de plusieurs années ou du moins plus mature sur bien des points. Pas résignée, bien que consciente de certaines choses qui m’échappaient de notre bref temps ensemble. Et maintenant ? S’il pose la question, il est bien bête. J’ai fait mon chemin, maintenant il est temps pour lui de me rejoindre au milieu, s’il en est capable.
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